« Peurs Sociales et Intimes »

Pourquoi sommes-nous parti·e·s marcher ? Explications pour celles et ceux qui suivent leurs intuitions…

« sending out an SOS…ad lib »

En 2011, nous avons commencé à réfléchir sur la question des peurs. Avant tout par réaction à un état de fait intime, par refus viscéral de se laisser noyer. Nous traversions une crise, ou plutôt nous la subissions, nous étions mis à terre, invalides, débiles et gauches dans nos mouvements, prostrés la majeure partie du temps. Nous avions peur. Il fallait se rendre à l’évidence : il était encore possible d’avoir très peur dans un monde de sécurité. De quoi avions nous peur ?

Et pourtant, nous aurions dû nous y épanouir dans notre monde, nous sommes jeunes, c’en est une injonction quasi dogmatique, d’ailleurs insupportable à s’entendre dire. Nous avions de surcroit un avantage sur nos aîné·e·s : notre génération n’a connu que la crise, nous la percevons comme nous percevons l’existence de la lune, elle a toujours été là, c’est une donnée, un postulat de départ, nous sommes des enfants de la lune. Nous aurions dû nous y trouver comme un poisson dans l’eau. Pourquoi n’y arrivions-nous pas ? Et d’abord pourquoi fallait-il y arriver ? Perdu·e·s nous étions. Trivialement on dit « déboussolés ». Dans une tempête il faut pouvoir se situer et signaler sa position.

Dans le grand supermarché des idées dont nous sommes des consommatrices et consommateurs comme tant d’autres, égaré·e·s dans les rayonnages gigantesques et contradictoires, nous cherchions une carte, une boussole et une balise. A ce jour nous avons déjà bien avancé. Nous avons trouvé de bon outils, nous les manions encore maladroitement, mais jusqu’à présent ils ne nous ont pas fait défaut.

Before And After Science

En science, une intuition de départ tant à répondre à une question. Ce n’est qu’une intuition, pur produit de l’irrationnel. Comment accorder du crédit à une intuition ? Cette intuition est-elle partageable ? Sommes-nous seul·e·s à la penser ? Il faut pratiquer l’exercice scientifique pour espérer y répondre. Alors on met en place des protocoles qui doivent être reproductibles par d’autres équipes dans leurs contextes propres. Ces protocoles doivent viser à mettre à mal l’intuitions, à démontrer qu’elle est fausse. C’est seulement lorsqu’on constate qu’après épuisement de tous les protocoles l’intuition demeure, que l’on peut suggérer que celle-ci est une vérité. Mais cette vérité ne tient que pour une seule équipe, elle n’a que peu de valeur pour l’ensemble de la communauté.

C’est pourquoi il faut encore la soumettre par la publication de travaux au plus grand nombre, qui s’emploiera lui aussi à démontrer que l’intuition est fausse. Si l’intuition survit à ce traitement alors elle gagne, pour un temps seulement, le statut de vérité pour le plus grand nombre, jusqu’au jour où d’autres viennent la compléter, la nuancer, la renforcer ou la tuer. Il y a déjà une forme de poésie de l’humilité dans cette approche. La connaissance tient sur le fil ténu de l’échec, elle prends toute sa force dans ce dénuement qui veut que l’on prenne d’abord le parti de sa fausseté. C’est une approche contre-intuitive tant nous sommes plutôt enclin·e·s à vouloir prouver qu’une chose est vraie. Cela va à l’encontre de notre « bon-sens ».  Albert Einstein a dit : « Le bon sens n’est que la somme des préjugés, qui reposent dans votre esprit avant que vous n’ayez eu 18 ans ». Mais lorsque nous citons Einstein, n’employons-nous pas déjà un argument d’autorité, sophisme par excellence, pour renforcer notre propos ? Sommes nous bien sûr que ce soit lui qui ait dit cela ? Pourquoi pas Napoléon ? Soyons vigilant·e·s ! Nous sommes en pleine tempête et il semblerait que le terrain soit dangereux !

Malheureusement notre intuition est complexe. Elle est d’abord vécue, il faut la rendre intelligible aux autres, ces autres dont nous avons tellement besoin, dont l’approbation nous est tellement cruciale pour exister, il faut bien l’avouer. Nous, nous disons artistes. Nous ne nous prétendons pas scientifique. La science nous sert tous les jours, question de « bon sens », mais à quoi servent les artistes ? Qu’ont-ils à voir avec la science ?

« I’ve got a feeling, a feeling deep inside, oh no ! »

Dans un premier temps, notre intuition nous dit qu’il y a une corrélation entre nos peurs intimes et un contexte social. Plus précisément que c’est l’extrême complexité de notre contexte social qui agit profondément sur notre intimité. Par la difficulté croissante que nous éprouvons à nous bâtir une représentation du monde solide, il en découle un ressentis de peur pour l’individu·e. Mais celle-ci ou celui-ci par leur nature sociale tendent à partager cette peur à d’autres, il y a comme une capillarité qui opère à un regroupement par la peur des individus. Peur intime et peur partagées. Notre intuition nous dit qu’entre ces deux dimensions, il y a interaction. Mais elle nous dit aussi que les peurs ressenties intimement ne sont pas forcément celles que l’on ose partager. Il y a les peurs sociales et les peurs intimes. 

Dans un second temps, notre intuition nous dit que le phénomène démocratique y est pour quelque chose, qu’il y a un problème structurel dans le rapport entre nos individualités, l’injonction de liberté, et le vide existentiel qui opère en chacun de nous lorsque ce rapport est inopérant ; et nous devons bien avouer que notre intuition pointe ce dysfonctionnement à l’endroit de notre bien-être.

 

À cela s’ajoute l’intuition que nous désirons nous construire une existence sur des bases pérennes. Mais, alors que le monde change, nous nous raccrochons à ce qui est écrit dans le marbre. Cette pierre (et ce qui est gravé dessus) n’est plus questionnée pour ici et maintenant. Il en découle un tiraillement, une dissonance qui nourrit nos peurs. Nous voulons de la certitude alors que tout bouge. Ajoutons encore l’idée selon laquelle le phénomène démocratique a opéré de grands changements de sociétés par la loi, la lutte, le combat, sans pour autant prendre la mesure de l’héritage des sociétés le précédant : Une société profondément travailleuse, profondément religieuse, profondément patriarcale, profondément inégale. 

 

Le changement s’est opéré par de grande ruptures dans un temps court alors qu’une société semble évoluer dans un temps long. Nous ne remettons pas en cause la nature des combats, ni les valeurs profondes qui les nourrissent, mais nous nous questionnons sur le temps de digestion dont a besoin notre société pour que ces nouvelles valeurs soient parfaitement comprises et constituantes de notre vivre-ensemble. À l’endroit des femmes, de la laïcité, du temps de travail, de la répartition économique, nous sommes témoins constamment de nouveau tiraillements, de nouvelles déchirures.

 

Et puis il y a notre temporalité intime. Avec le recul constant du fait religieux et du temps de travail, un temps nouveau est apparu, nous n’avons pas de mot pour le qualifier. Le travail est anxiolytique, l’occupation constante a ce pouvoir-là, mais une autre partie de nous, nous pousse à réduire ce temps. Et le reste de nous, qui n’est pas occupé, se met à penser. Pour ce qui est de penser, la religion a pendant longtemps tenu le rôle de canalisateur, donnant un sens prêt à l’emploi à nos existences, mais là-aussi une partie de nous tend à s’en débarrasser, pour une multitude de raisons. Si la religion n’est plus-là pour donner du sens, une transcendance, la paix de nos esprits, comment investir l’espace laissé vacant ? Quel sens donner à ce temps de plus en plus grand ?

Notre intuition nous dit que nous sommes très inégales et inégaux face à ce phénomène et que celui-ci est la source de nos plus grands morcellements de sociétés, qu’il est la source du replis sur soi, de la recherche de semblables qui pensent comme nous, qui agissent comme nous, et qui renforcent leurs communs par une radicalisation quelconque ; ou au contraire qu’il est la source de la frénésie qui caractérise notre consommation de loisirs, d’occupations alternatives. Notre intuition nous dit que le capitalisme est l’autre grand phénomène amplificateur, car ce temps laissé vacant n’a pas été réinvestis par autre chose que par un marché des idées et que ce marché ne regarde pas la qualité ou la pertinence des idées, il les met sur un même plan, celui d’une économie.

Si bien qu’une idée stupide peu valoir bien plus qu’une idée pertinente, et que pour faire valoir une idée pertinente, il peut falloir investir bien plus que pour une idée stupide. L’économie des idées n’est pas corrélée à la pertinence des idées. 

Nouveaux tiraillements, nouveaux déchirements.

Malgré l’école généralisée, et l’éducation pour tous, notre intuition nous dit que nous ne sommes pas armé·e·s de la même manière pour évoluer dans ce marché des idées, et que les moins armé·e·s sont exposé·e·s à la prédations des promotrices et promoteurs d’idées. Celle et ceux-ci peuvent être  nouveaux sur le marché mais n’oublions pas les ancien·ne·s, car ayant perdu un monopole, elle et ils entendent bien défendre leur capital bec et ongles. Notre intuition nous dit aussi que cette inégalité n’est pas forcément corrélée à la répartition de classe. Par exemple, des gens aisés peuvent être victimes d’idée fausses. C’est sur ce postulat que des sectes se basent car la plus-value opérée sur des personnes riches et influentes, et par ce biais l’impact créé pour la promotion de l’idée, sont bien plus juteuses sur le plan capitalistique.

Notre intuition nous dit aussi que la mise sur un même plan des idées n’est pas le seul fait de son économie de marché, mais aussi de la globalisation de l’accès aux idées par le biais d’internet et d’un recul de l’expertise des médias pour décortiquer ce marché des idées, car ceux-ci se sont assujettis à l’économie de marché. Ce temps laissé vacant est certes de plus en plus long, mais il est aussi intrinsèquement de plus en plus morcelé car occupé par une multitude d’idées qui entrent toutes en concurrence les unes avec les autres à des degrés divers de cohérence et de rigueur. À l’intérieur d’une intimité, nouveaux tiraillements, nouvelles dissonances, nouveaux déchirements. Ajoutons à cela les classiques conflits de générations, le faits que nous ne soyons pas égales et égaux pour s’adapter aux changements, aux bouleversements et nous obtenons une mosaïque extrêmement chaotique de points de vue individuels, dont le liant n’est que parcellaire puisque fondé sur un marché des idées extrêmement contradictoire et devenu illisible globalement.

« Emportés par la foule qui nous traîne, nous entraîne, écrasés l’un contre l’autre… »

À ce stade, nous mesurons l’ampleur de la tempête ! Quelle difficulté que d’y évoluer ! Nous appellerons par la suite cet ensemble de phénomènes le « vertige démocratique ». Voilà de quoi marquer les esprit ! Ce vertige entraîne une défiance généralisée des un·e·s vis-à-vis des autres. L’autre n’est plus lisible, elle ou il n’est plus compréhensible, on ne peut plus la ou le connaître, nous en avons donc peur. Le même vertige opère à tous les degrés de notre société : telle communauté ne comprend pas telle autre et en a donc peur, telle idée n’est pas compréhensible vis-à-vis de telle autre et donc cette idée fait peur. Sur l’injonction d’une liberté amenée par la démocratie s’est bâtie une société régie par la peur. A telle point que cette liberté est remise en question et que l’on trouve même l’idée qu’il faille la réduire, qu’il faille consentir à une réduction de l’espace de liberté par une augmentation du temps de travail et un retour au religieux. 

Bref la liberté c’est la peur ! Somme-nous en réellement arrivé là ?

Dans un troisième temps, notre intuition questionne aussi la nécessité de la peur. Ce phénomène de peur est avant tout naturel. C’est un mécanisme de survie crucial pour la perpétuation d’une espèce. Nous, nous interrogeons alors sur le vertige démocratique. Car il faut déterminer à quel moment la peur devient inopérante et tétanisante pour l’individu·e. La tempête fait très peur et elle nous paralyse, nous sommes en situation de survie, tant sur le plan physique qu’au niveau de notre intellect. Notre intuition nous dit alors que la question n’est pas de se défaire totalement des peurs mais de réintégrer celles-ci dans un équilibre rompu par nos sociétés démocratiques, le phénomène d’économie capitaliste et la caisse de résonance médiatique. Si la connaissance apaise les peurs alors c’est par la compréhension de celles-ci que nous pourrions les apprivoiser, ne plus les laisser agir sur notre intimité, et gagner un véritable espace de liberté fondé sur la sérénité et l’acceptation de nos peurs. Cette acceptation entraînant l’acceptation du débat, de la compréhension de l’autre et de ce qui le constitue. Notre intuition est aussi peut-être un voeux pieux, accordons-lui le loisir d’une pensée magique ! Après tout, nous sommes pris au même titre que d’autres dans la tempête !

Mais il y a un quatrième temps dans notre intuition. Celle-ci nous dit que les artistes ont un rôle important à jouer dans cette tempête. La sociologie, la littérature et les sciences ont toutes attaqué ces problématiques par le biais qui leur est propre. Le travail effectué est gigantesque, mais c’est un travail de corps de métiers, de champs de connaissances, de mise en place de protocoles uniformisés et conformés en vue de publications. Et puis la recherche est une recherche de groupes très élargis et souvent désincarnée pour le quidam. C’est à ce niveau là que notre intuition se situe. Il nous semble que les artistes ont cela de particulier qu’elles et ils ont la faculté de porter un regard singulier sur les choses, et que ce regard cristallise une certaine vérité.

Du moins avec les artifices qui sont les leurs, leurs différents médiums, leurs manières, les artistes peuvent témoigner d’une vérité très forte qui soit le regroupement d’une pluralité de vérités en un temps, celui du spectacle par lequel elles et ils ont aussi la faculté de jouer. Nous avons aussi le sentiment que beaucoup de vérités liées à des problématiques importantes ne trouveraient que peu d’écho dans des publications plus conventionnelles, tant elles ont trait à ce qu’il y a de plus humain et incarné dans le domaine étudié.

En d’autre termes et pour être plus clair, la réalité d’une infirmière a beau être suivie au plus près par la sociologie, l’économie ou qu’importe, le travail qui en sera tiré aura du mal à trouver un écho auprès d’un public, au sens très large, sans qu’il soit incarné de quelque manière que ce soit par un biais artistique. Sans ce biais, l’infirmière est cantonnée à n’être qu’une donnée statistique dans un livre, même d’excellente qualité. Or c’est avec ces vérité-là que nous voudrions jouer. Nous entendons le jeu à nouveau au sens très large. Jouer avec les cadres, les conventions, les données d’un problème et incarner ce jeu pour donner à voir, là aussi au sens très large. Dégager des perspectives, trouver des angles inattendus, et pourquoi pas des réponses. Quand nous jouons nous avons moins peur. Les artistes ont à notre sens cela de particulier qu’ils ne représentent pas un champ de connaissance établi, encore moins un corps de métier avec ses règles, ses approches normées.

Le domaine artistique est extrêmement poreux et protéiforme. Il se fonde sur toutes les techniques, toutes les connaissances, toutes les pratiques, toutes les économies, mais à contrario d’autres activités, il produit une multiplicités des regards, des points de vue, des hypothèses qui, au lieu de n’être qu’un regroupement, s’incarne en une vérité qui est celle du spectacle, là encore au sens très large.

 

Mais tout cela serait bien beau si nous n’avions pas l’intuition que la pratique artistique s’est peu-à-peu déconnectée de sa recherche, de son esprit de recherche, de l’objet de sa recherche. Les différentes politiques culturelles peuvent être investies des meilleures intentions, ce qu’elles sont sans doute, il nous semble néanmoins que les lieux de spectacle n’attirent qu’un certain public, maintenu tant bien que mal, et que le reste ne s’y retrouve pas. Nous n’avons pas pour object de porter des accusations, nous nous cantonnons à un certain constat que nous assumons (et qui est peut-être faux, ou à nuancer mais rappelons que nous n’énumérons que des intuitions). Beaucoup d’acteurs du milieu culturel se tuent à la tâche pour enrayer le recul de la culture, ils sont aux avants postes.

Mais rien n’y fait, on ne se retrouve plus dans les spectacles. Est-ce que la qualité baisse ? Non, bien au contraire. Les artistes sont-ils moins bon ? Nous ne le pensons pas. Ce que nous pensons, c’est que même si le théâtre entend donner corps à « la vérité » par le biais de spectacle, il semble que « la vérité » du théâtre ne soit plus celle du public ou que le public n’y a plus accès.

Autres déchirements, autres tiraillements…

Sommes-nous en train de nous éloigner du sujet des peurs ? Nous ne le pensons pas tant nous avons maintes fois recueilli des témoignages nous disant à quelle point il y a une crainte d’aller voir un spectacle. Peur d’être bête, de ne pas être « au niveau », de ne pas comprendre, de ne pas savoir se tenir. Le spectacle exerce souvent une grande crainte. On se sent exclu·e, et de l’exclusion vient la défiance. Alors nous pouvons nous bercer longtemps de la vérité que dépeint Molière et des universaux de société qu’il décrits avec acuité et qui subsistent encore aujourd’hui, il n’en demeure pas moins que le terrain sur lequel il fonde son théâtre est celui du 17e siècle. Loin de nous l’idée de décrier Molière, au contraire d’ailleurs, nous voulons juste souligner que celui-ci fût connecté à son époque, connecté à ses financiers, connecté aux réalités de son public. Nous pouvons déplorer que le public ne se retrouve pas dans les « vérités universelles » de Molière mais avons nous essayé de nous reconnecter aux réalités de notre public afin de produire un théâtre dont les enjeux soit partagés, compréhensibles, et vécus par tous, artistes compris ? Ceci n’empêchant pas de convoquer Molière dont les vérités sont effectivement encore pertinentes aujourd’hui.

Notre intuition nous dit alors qu’il faut reconnecter notre pratique artistique avec ce qu’on appelle communément le terrain et que pour ce faire nous avons comme alliés, la littérature, les sciences humaines et la science, qui sont autant d’accès à ce terrain. Mais ils nous faut aussi sentir en nous cette recherche (puisque nous sommes prétendument artistes), l’incarner en allant nous-même sur ce terrain, jouer avec, l’éprouver pour être au plus près des « vérités » laissées sur place par ces allié·e·s. Recueillir, donner à voir, rendre sensible. Mais finalement n’aurions-nous pas peur aussi en tant qu’artiste. Peur d’y aller ? À nos peurs individuelles ne s’ajouterait-elle pas cette nouvelle peur ? Et cette peur ne serait-elle pas un point de départ idéal pour commencer notre travail, puisqu’en tant qu’artiste il nous faut faire corps, ressentir et partager ? Tout ceci n’est qu’intuition, il est temps de commencer ! Mais puisque nous avons un peu peur, vérifions si nous ne sommes pas seuls, peut-être que ce que nous pensons, d’autres l’on pensé avant nous et peut-être qu’ils l’ont fait mieux que nous (sans doute même) !

Ce texte n’aurait pu être écrit sans l’appui fourni par les écrits et les travaux d’un grand nombre d’autrices, d’auteurs et d’artistes. Nous voudrions citer Honoré de Balzac, qui est sans doute notre figure tutélaire absolue. Parmi toute une galerie de gens de théâtre, Joël PommeratAnne-Cécile Vandalem, Pipo Delbono, Lise Maussion, Gwenaël Morin,  Sophie Perez et Xavier Boussiron forcent notre admiration. Nous ne serions rien sans les lectures de Keith JohnstoneMiriam Simos dite Starhawk et les courants de pensées féministes, Thomas Piketty, Judith Butler,  Pierre RosanvallonGloria Jean Watkins dite Belle Hooks, Pascal Nicolas le Strat,  Mona Chollet, Olivier Neveux, Eva Illouz, et Gerald Bronner.